Chronique · 14 septembre 2026
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L’enquête Allison : quatre jours pour entendre ce que le Canada n’a pas voulu entendre
Quatre jours. Cinquante voix. Mille quatre cents dossiers. Sur la Colline du Parlement, le député Dean Allison a ouvert une salle que le gouvernement canadien n’a jamais voulu ouvrir : celle où l’on écoute, enfin, les blessés du vaccin contre la Covid-19. L’enquête Allison n’a pas le pouvoir de juger. Elle a fait plus rare. Elle a donné un micro. Du Québec, je l’ai reconnue : mon cœur trop lent, mes jours clouée au lit, le brouillard qui n’est jamais parti. Voici ce qui s’est dit à Ottawa et pourquoi ces quatre jours ne devraient pas se refermer.

L’enquête Allison, c’est quoi
Du 8 au 11 septembre 2026, dans une salle de comité sur la Colline du Parlement à Ottawa, le député conservateur Dean Allison (Niagara West) a présidé ce qu’on appelle désormais l’enquête Allison.
Ce n’est pas une commission d’enquête officielle. Le gouvernement fédéral ne l’a pas mandatée. Santé Canada n’a pas comparu. Le règlement est clair : offrir un espace pour écouter les Canadiens qui disent avoir été blessés par un vaccin contre la Covid-19. Pas établir des faits. Pas tirer de conclusions. À la fin, les membres du comité peuvent poser des questions au Parlement. Rien ne les y oblige.
L’enquête s’est tenue avec la Covid Testimony Association, un organisme sans but lucratif. L’avocat constitutionnaliste Shawn Buckley y a agi comme conseiller. Tous les députés et sénateurs, tous partis confondus, étaient invités à s’asseoir. Peu l’ont fait.
Plus de 1 400 personnes ont demandé à témoigner. Cinquante ont été entendues, sous serment, en quatre jours. La plupart sont venues de tout le pays. Certaines étaient trop malades pour voyager : elles ont parlé à distance. Un homme a dû louer un véhicule médical pour se rendre à Ottawa en fauteuil roulant.
Le Canada n’a toujours pas lancé d’enquête parlementaire sur la Covid. Plus de trente pays démocratiques l’ont fait. Allison a dit vouloir commencer « une conversation qui aurait dû commencer il y a des années ». Vendredi, en refermant les audiences : « Peu importe ce que les gens pensent de la Covid, des vaccins ou des politiques publiques, la compassion ne devrait jamais être controversée. »
C’est ça, l’enquête Allison. Pas un tribunal. Une salle, un micro, et des gens qu’on a trop longtemps fait taire.
Ce qu’on a entendu pendant quatre jours
Les récits se suivent. Cœurs qui s’emballent ou qui ralentissent. Caillots. Vertiges. Fatigue qui cloue au lit. Brouillard mental. Emplois perdus. Familles brisées. Dossiers d’indemnisation égarés. Médecins qui lèvent les yeux au ciel. Urgences qui cherchent d’abord la drogue, pas le vaccin.
Drue Taylor, 36 ans, massothérapeute en Alberta, a témoigné à distance : son médecin jugeait le voyage trop dangereux. Elle décrit un système nerveux déréglé (POTS) : cœur qui s’accélère en se levant, nausées, épuisement. Après un an et demi de paperasse, le programme fédéral lui a versé 45 000 dollars. Elle a dit que ça ne remplaçait même pas une année de revenus.
Patrick Provost, chercheur québécois, a parlé de ses effets après Pfizer, puis d’un cancer. Il a demandé qu’on analyse ses tissus pour la protéine Spike et l’ARN vaccinal. Refus. Il a dû chercher ailleurs.
Dan Hartman a ouvert le dernier jour en parlant de son fils Sean, mort à 17 ans après une première dose. Dr Crystal Luchkiw a témoigné à la place de son frère Scott, aide parlementaire, qui voulait parler et qui est mort avant l’ouverture des audiences. Jamie Daniel a raconté qu’à l’hôpital, un psychologue lui a proposé l’aide médicale à mourir. Elle a dit : je n’étais pas suicidaire.
On a aussi entendu le sénateur américain Ron Johnson, le physicien Denis Rancourt, le médecin Peter McCullough, des militaires, des soignants, des journalistes. Chaque jour, on a lu une liste de noms de blessés qui n’étaient pas dans la salle.
Le programme canadien d’indemnisation (VISP) donne le décor administratif : 3 557 demandes, 1 433 évaluées par le comité médical, 252 acceptées, un peu plus de 21 millions de dollars versés. Des années d’attente. Des dizaines de milliers d’effets déclarés. Une poignée de reconnaissances.
L’enquête Allison n’a pas tranché ces dossiers. Elle les a fait entendre.
Partie technique : la Spike, pour comprendre ce qui s’est dit à Ottawa
À l’enquête, plusieurs témoins et experts sont revenus sur la même chose : la protéine Spike, cette « pique » du virus que le vaccin demande à nos cellules de fabriquer.
La pique du virus
Le coronavirus est couvert de piques. C’est avec elles qu’il s’accroche à nos cellules. Les vaccins à ARN (Pfizer, Moderna) ne contiennent pas le virus. Ils contiennent le mode d’emploi de cette pique, glissé dans de toutes petites bulles de graisse. La cellule lit le message, fabrique des Spikes, le système immunitaire apprend.

Le virus et sa Spike : la pièce qui ouvre la porte des cellules.
Comment le vaccin est censé marcher
On injecte dans l’épaule. Les cellules produisent la Spike. Le corps apprend. En théorie, le message se brise en quelques jours, la production s’arrête, il ne reste que la mémoire immunitaire.
On nous a aussi dit : ça reste dans le bras.

La bulle entre dans la cellule, la cellule fabrique des Spikes, le corps produit des anticorps.

De la fabrication de l’ARN jusqu’à l’apprentissage du système immunitaire.
Ce qu’on a observé ensuite
Juste après l’injection, des chercheurs ont trouvé de la Spike dans le sang, pas seulement dans le muscle — dès le lendemain chez plusieurs personnes, parfois encore deux semaines après.
Chez certaines personnes malades de façon chronique après le vaccin, une équipe de Yale a encore mesuré de la Spike des mois, parfois près de deux ans après la dernière dose. Les chercheurs disent eux-mêmes : on ne sait pas si c’est la cause des symptômes. La piste existe.
Au Japon, des médecins ont vu cette protéine dans la paroi d’artères du cerveau, jusqu’à 17 mois après la vaccination, chez une partie de patients opérés pour un AVC. Pas la preuve que le vaccin a causé l’AVC. La preuve qu’on a trop vite dit « impossible».
C’est ce fond-là qui donne un sens à ce que Provost et d’autres ont dit à Ottawa : le produit ne se comporte pas comme un vaccin classique qui reste sagement dans le deltoïde. Les bulles peuvent circuler. La Spike peut se retrouver ailleurs. Chez la plupart des gens, ça semble court. Chez une minorité, ça semble durer. On n’a pas assez cherché pourquoi.
L’enquête Allison n’avait pas à trancher cette science. Elle a montré pourquoi il fallait au moins oser la poser.
Mon histoire, et ce que je pense de cette enquête
Je n’étais pas dans la salle à Ottawa. Mais ces quatre jours, je les ai reconnus.
Après ma première dose, je suis restée au lit trois jours. Incapable de me lever. Mon cœur battait très lentement. Je vomissais. J’avais de la fièvre. J’étais perpétuellement étourdie.
Après la deuxième dose, une semaine au lit. Toujours incapable de me lever. Mon cœur battait très, très, très lentement. J’étais si faible que j’ai vraiment cru en mourir. Il n’y avait plus rien dans mon corps. La fièvre. Le vide.
Aujourd’hui encore : brouillard cérébral, difficulté à faire le moindre effort, fatigue persistante.
On m’a dit que ça passerait. Que c’était normal. Que j’avais de la chance. On n’a pas vraiment regardé ces jours où je ne pouvais pas me lever. On n’a pas vraiment écouté la suite.
Mon opinion sur l’enquête Allison est celle-ci.
Elle n’est pas parfaite. Elle n’est pas officielle. Elle n’a pas le pouvoir de conclure. Certains médias l’ont traitée comme un cirque partisan. D’autres, enfin, ont commencé à rapporter les larmes dans la salle.
Moi, je vois autre chose. Je vois le seul espace où un Canadien blessé a pu parler devant des élus sans se faire ranger tout de suite dans la case « antivax ». Je vois 1 400 dossiers pour 50 micros. Je vois un père qui parle de son fils de 17 ans. Je vois une sœur qui parle à la place d’un frère déjà mort. Je vois un programme d’indemnisation qui a reconnu 252 personnes sur des milliers de demandes.
Je ne demande pas qu’on me croie pour toute la planète. Je demande qu’on arrête de faire comme si les gens comme moi et comme les cinquante d’Ottawa, n’existaient pas.
Raconter mon cœur trop lent, mes vomissements, une semaine clouée au lit et une fatigue qui dure, ce n’est pas insulter la science. C’est décrire un corps. L’enquête Allison a fait exactement ça : décrire des corps, un par un, pendant quatre jours.
Quatre jours, ce n’est pas une enquête nationale. C’est déjà plus que ce que le gouvernement a accepté de faire.
Il était temps d’écouter. Il est encore temps de ne pas refermer la porte !

