Emmanuelle Beauchamp
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Chronique · 7 octobre 2026

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Fini l’argent public pour les écoles religieuses : le Québec reprend enfin son école

Le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon s’apprête à couper le financement public des écoles religieuses, celles qui touchent le crédit d’impôt à titre d’organisme religieux. Annoncé à Granby le 27 septembre, l’engagement devient la ligne du nouveau pouvoir péquiste. Après des années de laïcité à géométrie variable, neutralité affichée, chèques confessionnels en coulisse, le Québec reprend enfin son école. L’argent des contribuables n’a pas à former des fidèles.

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Paul St-Pierre Plamondon l’a dit sans détour : un gouvernement du Parti Québécois cessera de financer les écoles religieuses, celles qui bénéficient du crédit d’impôt à titre d’organisme religieux. Annoncé le 27 septembre à Granby, l’engagement devient, avec le scrutin du 5 octobre, la direction du nouveau gouvernement. Pour la laïcité québécoise, c’est une excellente nouvelle. Tardive, mais excellente.

Pendant des années, Québec a prêché la neutralité de l’État d’une main et signé des chèques de l’autre. Le PQ évoquait déjà, dès 2024, une cinquantaine d’établissements à vocation religieuse et un ordre de grandeur d’environ 160 millions de dollars par année. L’école publique devait être neutre. L’école subventionnée, elle, pouvait encore transmettre une confession Bible, Torah ou Coran avec l’argent de tout le monde. Cette contradiction avait assez duré.

L’école n’est pas une mosquée, ni une yeshiva, ni une sacristie

La laïcité n’est pas une mode montréalaise. C’est le compromis historique du Québec : après la Grande Noirceur, le peuple a retiré l’école au clergé pour en faire un bien commun. On n’a pas fait la Révolution tranquille pour la défaire à coups de subventions confessionnelles et de multiculturalisme canadien.

Le principe est simple. Qui veut une école religieuse la paie. Qui veut l’argent des contribuables applique le programme du ministère et laisse la foi à la maison, au temple, à la synagogue ou à la mosquée. PSPP a d’ailleurs précisé qu’il faudra faire le ménage fiscal : des établissements enregistrés comme organismes religieux n’ont plus de programme confessionnel et suivent le cursus de l’État. Ceux-là ne sont pas la cible. La cible, ce sont les écoles qui font de la religion un projet pédagogique et qui s’en font rembourser une partie par le fisc.

Bedford n’était pas un accident

Le PQ lie explicitement ce tournant à l’école Bedford. Un noyau d’enseignants liés au même milieu religieux y a imposé un climat de contrôle : filles écartées, contenus censurés, direction impuissante. Ce n’était pas un « malaise interculturel ». C’était de l’entrisme. Et l’entrisme se nourrit de trois choses : le déni, l’argent public, et l’interdiction de nommer le problème.

Nommer, justement. Le gouvernement péquiste veut aussi interdire, au primaire, les tenues et signes religieux ostensibles qui assignent immédiatement un enfant à une appartenance. Il veut interdire les partenariats entre écoles et lieux de culte, forcer les lieux de culte à s’enregistrer comme tels plutôt que comme « centres communautaires », et exiger la déclaration des dons étrangers aux organismes religieux. Là encore, le bon sens : un État qui ne sait pas qui finance ses écoles ne contrôle plus son éducation.

Les enfants n’ont pas à être séparés, dès six ans, par le voile, la kippa ou la croix ostentatoire. Une école, c’est un lieu où l’on apprend à être Québécois ensemble, pas une annexe de la paroisse ou de la communauté d’origine.

Laïcité, souveraineté, même combat

Cette mesure ne tiendra que si le Québec défend sa loi. PSPP s’est engagé à maintenir les acquis des lois 21 et 94 et à reconduire la clause dérogatoire. Il a raison. Le multiculturalisme canadien, les tribunaux d’Ottawa et une certaine gauche qui confond critique d’une religion avec « haine » travailleront à défaire tout ça. La laïcité québécoise n’est pas un caprice provincial. C’est l’exercice d’une souveraineté législative que le régime fédéral ne reconnaît que lorsqu’elle ne dérange personne.

Un gouvernement minoritaire devra tenir. Cinq sièges manquent pour la majorité. Les adversaires de la laïcité, libéraux mous, wokistes, lobbys confessionnels, vont crier à l’exclusion, au racisme, à l’atteinte aux « droits ». Qu’ils crient. Le droit de ne pas financer le prosélytisme n’est pas négociable. Le droit d’une petite fille de ne pas être marquée par un signe religieux avant même de savoir lire non plus.

Le gros bon sens, enfin

On peut croire. On peut prier. On peut transmettre sa foi à ses enfants, chez soi, le soir, le samedi ou le dimanche. Ce qu’on ne peut plus faire, c’est exiger que le voisin paie l’opération. L’argent public sert à apprendre le français, les mathématiques, l’histoire du Québec et les sciences. Pas à former des fidèles.

Le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon a le mandat de fermer ce dossier. Qu’il le fasse vite, clairement, et sans s’excuser. La laïcité n’est pas une offense. C’est la condition pour que l’école redevienne ce qu’elle doit être : à nous.

Ramenons le gros bon sens.

Sources de l’engagement : communiqué du PQ du 27 septembre 2026, et comptes rendus de La Voix de l’Est / Le Soleil et de La Presse canadienne le même jour. Le PQ forme un gouvernement minoritaire depuis le scrutin du 5 octobre.

Discours de PSPP

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