Chronique · 9 octobre 2026
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Carney condamne le Hamas. Ottawa continue de signer les chèques
Le 7 octobre 2026, Mark Carney a signé une déclaration solennelle contre le Hamas. Quinze jours plus tôt, le même homme annonçait 100 millions de dollars de plus pour la Palestine. Ottawa en est à plus de 600 millions depuis le massacre. Le Québec n’a pas à payer cette comédie.

Le 7 octobre 2026, le Cabinet du premier ministre a publié une déclaration au ton de recueillement. Mark Carney y rappelle qu’il y a trois ans, à l’aube, le Hamas a perpétré « la pire attaque contre le peuple juif depuis l’Holocauste » : près de 1 200 morts, des centaines de blessés, plus de 200 otages. Il nomme des citoyens canadiens tués ce jour-là. Il affirme que le Canada « condamne sans équivoque le Hamas », qui « ne doit jouer aucun rôle dans la gouvernance future d’un État palestinien démilitarisé ».
Sur le papier, c’est net. Dans les faits, c’est ridicule.
Le massacre dont il parle date du 7 octobre 2023, pas de 2024. Et le Hamas n’est pas un détail de l’histoire palestinienne. Depuis 2007, c’est lui qui tient Gaza : le gouvernement de facto, la police, les tunnels, les roquettes, les brigades Al-Qassam. Le Canada le sait. Il l’a inscrit sur la liste des entités terroristes du Code criminel dès 2002. Anita Anand l’a encore rappelé le lendemain de la déclaration de Carney : entité terroriste inscrite, qui doit désarmer et ne jouer aucun rôle dans un futur gouvernement palestinien.
Condamner une armée après avoir arrosé le territoire qu’elle contrôle, ce n’est pas une politique. C’est une pose.
Les chiffres que la déclaration ne dit pas Le 22 septembre 2026, en marge de l’Assemblée générale des Nations unies, Carney annonçait 100 millions de dollars supplémentaires pour la Palestine : 80 millions en aide humanitaire à Gaza et en Cisjordanie, 20 millions pour la « paix et la stabilisation », y compris le financement d’un programme de formation de la police de l’Autorité palestinienne. Le Bureau du premier ministre précise lui-même que ces sommes s’ajoutent à une autre enveloppe de 100 millions annoncée plus tôt en 2026, et que le total de l’aide canadienne depuis octobre 2023 dépasse 600 millions de dollars.

Six cents millions. Depuis le jour du massacre. Ottawa jure que l’argent passe par l’ONU, la Croix-Rouge et des ONG, et qu’il a une politique de non-contact avec le Hamas. C’est l’excuse habituelle. Elle ne tient pas dès qu’on regarde qui administre Gaza.
Le Hamas prélève, taxe, détourne. Ce n’est pas une rumeur de comptoir : c’est le mode de fonctionnement d’un groupe qui a fait de l’aide un levier de pouvoir. L’UNRWA, que Stephen Harper avait cessé de financer en 2010 précisément à cause de ses liens avec des groupes terroristes, a été refinancée par Justin Trudeau en 2016. Après le 7 octobre, des employés de l’agence ont été pointés pour leur rôle dans le massacre ou leur affiliation au Hamas. En juin 2026, Ottawa annonçait encore 100 millions alors que l’UNRWA venait de mettre fin aux contrats de dizaines d’employés de Gaza pour ces liens. Des mémos du Hamas, rendus publics au printemps 2026, montraient aussi des organismes financés par le Canada travaillant avec les structures du groupe. On peut appeler ça de l’aide humanitaire. On peut aussi appeler ça ce que c’est : de l’argent public canadien versé dans un territoire dont la force armée est une organisation terroriste inscrite à Ottawa, deux semaines avant que le premier ministre fasse semblant de la découvrir. La reconnaissance, puis le chèque, puis le discours
En septembre 2025, le Canada a reconnu un État palestinien, à des conditions que personne ne vérifie sérieusement. L’une d’elles était que l’Autorité palestinienne suspende son programme de pensions versées aux terroristes, ce fameux « pay for slay », actif pendant des années de financement canadien. Reconnaître, financer, puis condamner : voilà l’ordre réel des opérations fédérales.

Carney peut bien écrire que le Hamas ne doit jouer aucun rôle. Son gouvernement continue d’envoyer des dizaines de millions dans le territoire que ce même Hamas tient, et des millions de plus pour former les forces de l’Autorité palestinienne, dont le passif avec le terrorisme n’a rien d’un secret. La déclaration du 7 octobre 2026 n’efface pas le communiqué du 22 septembre. Elle le rend obscène.
Les Québécois n’ont pas voté pour ça. Ils n’ont pas demandé que leurs impôts servent de caution morale à une politique étrangère décidée à Ottawa, alignée sur l’ONU, et indifférente à ce que le Hamas fait de l’aide une fois qu’elle traverse la frontière.
Aparté : la seule porte de sortie s’appelle la souveraineté

Tant que le Québec reste une province, sa voix sur ces dossiers n’existe pas. La politique étrangère est fédérale. L’aide internationale est fédérale. La liste des entités terroristes est fédérale. Le chèque de 100 millions est fédéral. Et la part québécoise de l’impôt qui le finance part avec le reste, sans que l’Assemblée nationale ait son mot à dire.
Ce n’est pas un détail constitutionnel. C’est le mécanisme. Ottawa peut, le même mois, reconnaître, financer et condamner. Le Québec, lui, encaisse la facture et le reproche. Nous ne soutenons pas le terrorisme. Nous ne voulons pas que l’argent de nos taxes entretienne, de près ou de loin, un groupe qui égorge, prend des otages et se finance sur l’aide internationale. Nous ne voulons pas non plus d’un fédéral qui joue sur les deux tableaux : la larme le 7 octobre, le virement le 22 septembre.
Un Québec souverain aurait sa propre politique étrangère, son propre budget d’aide, et le droit de dire non. Non au financement d’un territoire tenu par une armée terroriste. Non à l’UNRWA. Non aux reconnaissances symboliques qui ne coûtent rien à Ottawa et tout aux contribuables. La souveraineté n’est pas un slogan de campagne. C’est le seul moyen de cesser d’être complices d’une politique que nous n’avons pas choisie.
Le Canada de Carney peut continuer ses déclarations. Le Québec, lui, n’a pas à les signer.
Vive le Québec libre.


